Le point sur le Coronavirus 18

Nous voulons commencer ce bulletin en vous disant MERCI. Merci de rester professionnels malgré le fait que nous recevons des messages contradictoires du gouvernement fédéral, des gouvernements provinciaux et de la Société.

On veut donner l’impression que tout est normal, mais on fait ensuite un pas de plus en publiant dans un message destiné aux membres des équipages :

« Suite à nos discussions avec les autorités gouvernementales, nous sommes en mesure de confirmer que ces conditions ne s’appliquent pas à vous, les membres du personnel de cabine qui assurent un vol, effectuent un vol de mise en place ou font la navette. »

Ceci est alarmant. Sommes-nous des surhumains ? Ne sommes-nous pas les égaux de tous ceux et celles qui servent en pensant être en mesure d’entrer au travail dans un environnement sain et sécuritaire ? Sommes-nous immunisés contre un virus qui selon tous les rapports est endémique ? Pourquoi devons-nous être coincés aux douanes et faire face à : « Je pensais que j’étais exempté ? »

Et ça se poursuit ainsi :

« Vous êtes exemptés parce que vous êtes bien formés et préparés à vous protéger, parce que vous passez moins de temps dans les pays visités et que vous avez accès à des mesures de protection à utiliser à bord, comme du désinfectant pour les mains, des masques et des gants lorsque nécessaire. »

Nous nous opposons respectueusement. Nous ne sommes pas formés pour une pandémie de cette ampleur. Nous sommes formés pour les premiers soins, les mesures de sécurité et nos tâches quotidiennes. Toutes choses que nous faisons et dans lesquelles nous excellons. Nous ne disposons pas des masques appropriés pour cette situation.  Le désinfectant pour les mains ne remplace un lavage régulier des mains lorsque nous n’avons pas d’eau courante. Comment une exemption a-t-elle pu être accordée alors que les faits avancés ne sont pas avérés ? Nous avons des bureaux d’équipages qui manquent de gants, de masques et de désinfectant pour les mains. Il est incompréhensible qu’on nous laisse avec nos propres équipements de protection et que nous soyons dans l’obligation de faire au mieux avec ce que nous avons. Nous sommes fatigués de devoir faire pour le mieux dans la situation. Dans ces circonstances sans précédent, nous croyons que l’approche adoptée est irresponsable.

Le message envoyé va trop loin et dans les circonstances actuelles, ce n’est rien de moins qu’une gifle. Nous devons disposer des équipements nécessaires pour faire notre travail. Nous devons être correctement approvisionnés. Nous devons avoir de l’eau courante sur TOUS les vols, intérieurs et internationaux et plus important encore, nous devons avoir, dans les bureaux des équipages, des directeurs qui viennent toutes les heures réagir aux préoccupations des membres de façon immédiate. Où sont les représentants de la Société quand on nous dit que nous sommes tous ensemble engagés dans cette crise. Ce n’est pas l’impression que nous avons.

Ceci est une pandémie, ce n’est pas un événement ordinaire et cette pandémie, elle a lieu EN CE MOMENT. Nous sommes les travailleurs de première ligne d’Air Canada et Air Canada Rouge. Nous exigeons de l’action et des réponses.

Nous continuerons à faire du lobbying auprès du gouvernement, à demander des rencontres et à réclamer les faits.

Solidairement,